Un séjour à l'hôpital, une consultation chez un spécialiste qui pratique des dépassements d'honoraires, un examen non remboursé : quand les revenus sont faibles, le reste à charge médical peut déséquilibrer tout le mois. Le risque est alors de reporter les soins, ce qui coûte souvent plus cher ensuite, en santé comme en argent.
En France, plusieurs dispositifs réduisent fortement, voire suppriment, ce que vous payez de votre poche. Cette page présente les droits à vérifier en premier, les moyens d'étaler une facture de soins, puis, seulement si nécessaire, les formes de crédit les moins risquées.
La Complémentaire santé solidaire, le droit à vérifier d'abord
La Complémentaire santé solidaire (C2S) remplace l'ancienne CMU-C et l'ACS. Selon vos ressources, elle est gratuite ou coûte une participation de moins d'un euro par jour et par personne. Elle prend en charge le ticket modérateur, le forfait journalier hospitalier et, dans les paniers « 100 % santé », les lunettes, prothèses dentaires et aides auditives sans reste à charge. Les médecins ne peuvent pas vous facturer de dépassement d'honoraires, et vous bénéficiez du tiers payant : vous n'avancez pas les frais.
- La demande se fait auprès de votre caisse d'assurance maladie, en ligne ou par formulaire.
- Les allocataires du RSA y ont en principe droit, avec une démarche simplifiée.
- Une fois accordée, elle est valable un an et doit être renouvelée.
Si vous avez déjà une mutuelle, comparez : la C2S est souvent plus avantageuse pour un petit budget.
Autres prises en charge à connaître
Affection de longue durée et maternité
Une maladie chronique reconnue en affection de longue durée (ALD) ouvre droit à une prise en charge à 100 % des soins liés à cette maladie, sur la base des tarifs de la Sécurité sociale. La grossesse, à partir d'un certain stade, et l'accouchement bénéficient aussi d'une prise en charge renforcée.
Aide médicale de l'État
Les personnes étrangères en situation irrégulière et à faibles ressources peuvent demander l'AME, qui couvre une grande partie des soins.
Permanences d'accès aux soins
Les PASS, présentes dans de nombreux hôpitaux publics, accueillent les personnes sans couverture ou en difficulté pour se soigner et les aident à ouvrir leurs droits. Des centres de santé et des associations comme Médecins du Monde proposent aussi des consultations gratuites.
Les aides financières ponctuelles
Quand un reste à charge subsiste malgré tout, une aide exceptionnelle peut être demandée :
- auprès du service d'action sanitaire et sociale de votre CPAM, qui étudie les demandes d'aide financière individuelle selon les ressources ;
- auprès du fonds social de votre mutuelle, si vous en avez une ;
- auprès du CCAS de votre commune ou de l'assistante sociale de secteur ;
- auprès de la CAF, pour certains allocataires, selon sa politique d'action sociale ;
- auprès d'associations de patients ou de fondations liées à une maladie précise.
Le service social de l'hôpital peut aussi vous aider à constituer ces dossiers pendant ou après une hospitalisation.
Étaler une facture de soins
Une facture d'hôpital impayée est recouvrée par le Trésor public, qui accepte souvent un paiement échelonné sur demande écrite expliquant votre situation. Faites la démarche dès réception du titre de paiement, sans attendre les relances. Auprès d'un praticien libéral, demandez avant les soins un devis et la possibilité de régler en plusieurs fois ; beaucoup l'acceptent pour des montants importants. Ne laissez pas une facture médicale passer au service contentieux : les frais s'ajoutent rapidement.
Vérifiez aussi la facture elle-même. Il arrive qu'un séjour soit facturé alors que vos droits n'étaient pas encore à jour au moment de l'admission : si vous obtenez ensuite la Complémentaire santé solidaire ou si votre attestation de droits est régularisée, demandez au service des frais de séjour de l'hôpital de refacturer à votre caisse et à votre complémentaire. Une facture contestée à temps peut parfois être fortement réduite, voire annulée.
Check-list avant une dépense de santé
- Votre carte Vitale et votre attestation de droits sont-elles à jour ?
- Avez-vous demandé la Complémentaire santé solidaire ?
- Le praticien est-il conventionné, et pratique-t-il des dépassements d'honoraires ?
- Avez-vous un devis écrit pour les soins coûteux ?
- Existe-t-il une offre « 100 % santé » adaptée à votre besoin ?
- Avez-vous sollicité le service social de l'hôpital ou de la CPAM ?
- Avez-vous demandé un échéancier par écrit ?
Pour les dépenses spécifiques, consultez nos pages sur les soins dentaires, les médicaments et l'aide médicale d'urgence.
Le crédit pour frais médicaux : en dernier recours
Certains centres de soins ou cliniques proposent un financement par un organisme de crédit partenaire. Avant de signer, vérifiez le TAEG, le coût total et la durée : un crédit pour des soins déjà effectués continue de peser sur le budget bien après la guérison. Si un emprunt reste nécessaire, le microcrédit accompagné, monté avec une association ou un CCAS, est mieux adapté aux personnes à faibles revenus. Un prêt sans intérêt d'un proche, écrit et daté, est une autre option. Si vous êtes fiché ou surendetté, privilégiez exclusivement les aides et l'échelonnement : un crédit supplémentaire risquerait d'aggraver votre situation.
Un crédit vous engage et doit être remboursé. Vérifiez vos capacités de remboursement avant de vous engager.
Arnaques liées à la santé
Méfiez-vous des faux messages de l'Assurance maladie qui invitent à « mettre à jour » votre carte Vitale contre paiement : la carte est gratuite. Ne communiquez jamais vos coordonnées bancaires via un lien reçu par SMS. Et refusez toute offre de prêt sur les réseaux sociaux demandant des frais avant versement.
Hors de France : en Belgique, l'intervention majorée et le maximum à facturer limitent les frais des ménages modestes ; en Suisse, les cantons accordent des subsides pour l'assurance maladie ; au Québec, la RAMQ couvre les services médicaux de base.
Offres de prêt et aides financières à comparer
- France Assos Santé — Union d'associations d'usagers du système de santé qui informe les patients sur leurs droits et les aide à surmonter les obstacles d'accès aux soins.
- Croix-Rouge française — Grande association humanitaire présente partout en France, dont les unités locales accompagnent les personnes vulnérables et facilitent leur accès aux soins et aux droits.
- Secours populaire français — Association de solidarité dont les bénévoles accueillent les personnes en difficulté et les aident à accéder à leurs droits, notamment en matière de santé.
- Médecins du Monde — Association médicale de solidarité qui accueille, soigne et oriente gratuitement les personnes démunies éloignées du système de santé dans ses centres en France.
Liste indicative et non exhaustive d’établissements réels, sans lien commercial avec le site. Vérifiez l’agrément, le TAEG et les conditions avant toute demande ; ne payez jamais de frais à l’avance.
