Une ordonnance à la sortie du cabinet médical, et la crainte de ne pas pouvoir tout payer à la pharmacie : pour une personne au RSA, au chômage ou avec une petite retraite, c'est une situation fréquente. Renoncer à un traitement, le fractionner ou l'arrêter trop tôt peut pourtant coûter bien plus cher ensuite, en santé comme en argent.
En France, la plupart des médicaments prescrits peuvent être obtenus sans avance de frais et avec un reste à charge très faible, voire nul, si les bons droits sont ouverts. Cette page explique comment, et pourquoi un crédit pour acheter des médicaments ne devrait presque jamais être nécessaire.
Comprendre ce que vous payez à la pharmacie
Le prix d'un médicament remboursable se partage entre l'Assurance maladie, la complémentaire santé et vous. Ce qui reste à votre charge vient généralement de trois éléments :
- la part non couverte par l'Assurance maladie, normalement prise en charge par une complémentaire santé ;
- la franchise médicale, prélevée sur chaque boîte, avec un plafond annuel ;
- les médicaments non remboursables, conseillés ou prescrits mais hors liste de remboursement.
Si vous n'avez pas de complémentaire, la part restante peut vite représenter une somme importante pour un traitement long. C'est donc la première chose à régler.
La Complémentaire santé solidaire, priorité absolue
La Complémentaire santé solidaire (C2S) prend en charge la part complémentaire des médicaments remboursables, sans avance de frais grâce au tiers payant. Ses bénéficiaires sont aussi dispensés des franchises médicales. Elle est gratuite sous un plafond de ressources et accessible avec une petite participation au-dessus ; les allocataires du RSA y ont droit.
- Faites la demande auprès de votre caisse d'assurance maladie, en ligne ou au guichet.
- Un espace France Services ou un CCAS peut vous aider à remplir le dossier.
- Le simulateur « mes droits sociaux » permet de vérifier rapidement votre éligibilité.
- Une fois accordée, présentez votre carte Vitale à jour et l'attestation à la pharmacie.
Si vous souffrez d'une maladie chronique, demandez aussi à votre médecin si votre pathologie relève d'une affection de longue durée (ALD) : les soins liés sont alors pris en charge à 100 % sur la base du tarif de la Sécurité sociale.
Sans couverture sociale ou en attente de droits
Si vos droits ne sont pas encore ouverts, ne renoncez pas au traitement. Plusieurs portes restent ouvertes :
- les PASS (permanences d'accès aux soins de santé) des hôpitaux publics peuvent délivrer les médicaments nécessaires aux personnes sans couverture et les aider à ouvrir leurs droits ;
- les centres de santé associatifs, comme ceux de Médecins du Monde, orientent et soignent gratuitement ;
- pour les personnes étrangères en situation irrégulière, l'Aide médicale de l'État (AME) couvre les médicaments sous conditions ;
- le pharmacien peut, dans certains cas d'urgence, dépanner sur un traitement chronique en attendant une nouvelle ordonnance : demandez-lui.
Pour l'ensemble des aides santé, consultez notre page sur l'aide pour les médicaments.
Réduire le coût d'un traitement
Même avec une couverture, quelques réflexes allègent la facture :
- accepter le générique proposé par le pharmacien, aussi efficace et mieux pris en charge ;
- demander au médecin s'il existe une alternative remboursée à un produit non remboursable ;
- pour un traitement long, demander une ordonnance adaptée au conditionnement le plus économique ;
- éviter l'automédication coûteuse et les compléments vendus comme indispensables ;
- regrouper les achats dans la même pharmacie, qui connaît votre dossier et vos droits.
N'hésitez pas à dire franchement au médecin que votre budget est serré. Il peut tenir compte de cette contrainte dans le choix du traitement, privilégier des médicaments remboursés et éviter les prescriptions de confort. Le pharmacien, de son côté, peut vous expliquer ce qui sera pris en charge avant de délivrer l'ordonnance, ce qui évite les mauvaises surprises au moment de payer.
Les aides ponctuelles pour un reste à charge
Pour un traitement non remboursé mais nécessaire, ou un cumul de frais sur une courte période, vous pouvez solliciter le fonds d'action sanitaire et sociale de la CPAM (aide financière individuelle sous conditions de ressources), le fonds social de votre mutuelle, ou le CCAS de votre commune. L'assistante sociale de la CAF, de secteur ou de l'hôpital peut regrouper ces demandes. Si les dépenses de santé s'additionnent (consultations, examens, soins dentaires), notre guide des frais médicaux urgents présente les autres dispositifs.
Emprunter pour des médicaments : un mauvais calcul
Un crédit pour payer des médicaments signale presque toujours un droit non ouvert ou une aide non demandée. Avant d'emprunter, assurez-vous que la C2S, l'ALD ou les aides de la CPAM ont été sollicitées. Si un besoin ponctuel subsiste, une avance d'un proche ou un secours du CCAS est préférable à tout crédit.
Si vous envisagez malgré tout un prêt, comparez le TAEG, refusez le crédit renouvelable et privilégiez un prêt social ou un microcrédit accompagné. Si vous êtes fiché ou surendetté, un nouveau crédit risque d'aggraver la situation : parlez-en d'abord à un travailleur social.
Un crédit vous engage et doit être remboursé. Vérifiez vos capacités de remboursement avant de vous engager.
Prudence avec les médicaments en ligne et les faux prêts
N'achetez jamais de médicaments sur des sites non autorisés ou via les réseaux sociaux, même moins chers : les contrefaçons sont dangereuses. Seules les pharmacies d'officine autorisées peuvent vendre en ligne certains médicaments sans ordonnance. Méfiez-vous aussi des « prêts santé » proposés par messagerie qui réclament des frais avant versement : c'est une arnaque.
Check-list avant de passer à la pharmacie
- Vérifier que la carte Vitale est à jour.
- Demander la C2S si vous n'avez pas de complémentaire.
- Interroger le médecin sur une éventuelle ALD.
- Accepter les génériques.
- Sans droits ouverts, se rendre à une PASS ou un centre associatif.
- Pour un reste à charge, solliciter la CPAM ou le CCAS avant tout crédit.
Offres de prêt et aides financières à comparer
- Secours populaire français — Association de solidarité dont les bénévoles accueillent les personnes en difficulté et les aident à accéder à leurs droits, notamment en matière de santé.
- Médecins du Monde — Association médicale de solidarité qui accueille, soigne et oriente gratuitement les personnes démunies éloignées du système de santé dans ses centres en France.
- France Assos Santé — Union d'associations d'usagers du système de santé qui informe les patients sur leurs droits et les aide à surmonter les obstacles d'accès aux soins.
- Croix-Rouge française — Grande association humanitaire présente partout en France, dont les unités locales accompagnent les personnes vulnérables et facilitent leur accès aux soins et aux droits.
Liste indicative et non exhaustive d’établissements réels, sans lien commercial avec le site. Vérifiez l’agrément, le TAEG et les conditions avant toute demande ; ne payez jamais de frais à l’avance.
