Perdre un proche est déjà une épreuve. Devoir, dans les jours qui suivent, financer des obsèques alors que l'on vit avec un petit budget ajoute une angoisse que beaucoup de familles taisent. Les entreprises de pompes funèbres demandent souvent un acompte rapidement, et la tentation est grande de signer le premier devis ou de souscrire un crédit dans l'urgence.
Prenez le temps de souffler : plusieurs sources d'argent peuvent couvrir tout ou partie des frais, à commencer par les comptes de la personne décédée elle-même. Voici, dans l'ordre, les démarches à faire avant d'envisager un emprunt.
Qui doit payer les obsèques
En principe, les frais d'obsèques sont payés sur les biens de la personne décédée. Si ces biens ne suffisent pas, la loi prévoit que les enfants et le conjoint peuvent être sollicités, au titre de l'obligation alimentaire, dans la mesure de leurs moyens. Une personne à faibles revenus n'est donc pas tenue de payer au-delà de ce qu'elle peut. Et payer les obsèques avec l'argent du défunt ne vaut pas acceptation de la succession : vous gardez la possibilité d'y renoncer si les dettes sont trop lourdes.
Les sources d'argent à mobiliser en premier
Le compte bancaire du défunt
La personne qui organise les obsèques peut demander à la banque du défunt de régler directement la facture des pompes funèbres, sur présentation de la facture, dans la limite d'un plafond fixé par la réglementation. Les comptes sont bloqués au décès, mais ce paiement reste possible.
Un contrat obsèques ou une assurance
Cherchez dans les papiers du défunt un contrat obsèques, une assurance décès ou une assurance-vie : ils peuvent financer la cérémonie. Il existe un service officiel, le dispositif AGIRA, qui permet de rechercher gratuitement un contrat d'assurance-vie ou obsèques souscrit par une personne décédée.
Capital décès et caisses de retraite
Selon la situation du défunt (salarié, demandeur d'emploi indemnisé, fonctionnaire), l'Assurance maladie ou l'employeur public peut verser un capital décès aux proches. Certaines caisses de retraite, notamment complémentaires, et certaines mutuelles prévoient aussi une allocation ou une participation aux frais d'obsèques. Interrogez-les rapidement, car des délais de demande s'appliquent.
La commune et le CCAS
Lorsque la personne décédée n'avait pas de ressources suffisantes, la commune prend en charge des obsèques simples. Le CCAS peut aussi accorder une aide aux familles en difficulté. Contactez la mairie du lieu de décès ou de domicile avant de signer un devis.
Réduire le coût des obsèques
Le prix d'obsèques varie énormément d'une entreprise à l'autre. Vous avez le droit de comparer : les opérateurs funéraires doivent fournir des devis détaillés selon un modèle réglementaire, qui distingue les prestations obligatoires des prestations facultatives.
- Demandez au moins deux ou trois devis, même par téléphone ou par courriel.
- Limitez-vous aux prestations obligatoires si le budget est serré : cercueil, transport, inhumation ou crémation.
- Renseignez-vous sur la sépulture en terrain commun, proposée par la commune pour une durée limitée, sans achat de concession.
- Comparez le coût d'une crémation et celui d'une inhumation dans votre commune.
- Une cérémonie simple, organisée par la famille, peut être tout aussi digne.
- Méfiez-vous des démarcheurs qui se présentent à l'hôpital ou à domicile.
Check-list des premiers jours
- Obtenir plusieurs copies de l'acte de décès auprès de la mairie.
- Rechercher un contrat obsèques ou une assurance au nom du défunt.
- Prévenir la banque et lui demander le règlement direct de la facture funéraire.
- Contacter l'Assurance maladie, les caisses de retraite et la mutuelle du défunt.
- Appeler le CCAS ou la mairie si les ressources sont insuffisantes.
- Comparer les devis avant de verser un acompte.
- Se rapprocher d'un notaire si le défunt possédait un bien immobilier.
France Services peut vous accompagner dans ces démarches si vous êtes seul pour les réaliser. Pour les autres dépenses imprévues liées à un événement familial, voir aussi notre page sur l'urgence familiale.
Échelonner plutôt qu'emprunter
Si un reste à charge subsiste, demandez à l'entreprise de pompes funèbres un paiement en plusieurs fois sans frais, confirmé par écrit. Beaucoup l'acceptent, surtout lorsque des versements attendus (capital décès, assurance) sont en cours. Répartir la somme entre plusieurs proches, chacun selon ses moyens, est souvent plus juste qu'un crédit porté par une seule personne.
Si vous avancez des frais pour le compte de la famille, conservez toutes les factures et notez qui a payé quoi. Les frais d'obsèques sont en principe remboursés en priorité lors du règlement de la succession, lorsqu'il reste de l'actif. Le notaire, s'il y en a un, pourra en tenir compte. Pensez enfin à signaler le décès à la CAF et aux autres organismes : vos propres droits, comme une aide au logement ou une allocation de soutien familial, peuvent être modifiés par ce changement de situation.
Le crédit en dernier recours
Si aucune autre solution n'est possible, un emprunt modeste peut se discuter. Le microcrédit accompagné ou un prêt social d'une caisse ou d'un organisme d'action sociale sont plus adaptés qu'un crédit à la consommation classique. Comparez le TAEG et le coût total, et refusez le crédit renouvelable. Si vous êtes déjà en difficulté avec d'autres dettes, ne vous endettez pas pour des obsèques : votre obligation se limite à vos moyens, et les aides publiques existent précisément pour ces situations.
Un crédit vous engage et doit être remboursé. Vérifiez vos capacités de remboursement avant de vous engager.
Arnaques à éviter dans le deuil
Des escrocs repèrent les avis de décès et contactent les familles en se présentant comme un organisme, un créancier du défunt ou un prêteur bienveillant. Ne payez jamais une « dette » du défunt sans document officiel, et ne répondez pas aux offres de prêt rapide sur les réseaux sociaux qui demandent des frais d'avance. En cas de doute, demandez conseil à un notaire, au CCAS ou à une association de consommateurs.
Offres de prêt et aides financières à comparer
- Secours Catholique — Association caritative qui accueille les familles en précarité, les écoute et les aide à faire face aux difficultés matérielles et administratives du quotidien.
- Secours populaire français — Association de solidarité qui apporte aide alimentaire, départs en vacances et accompagnement dans l'accès aux droits aux familles en difficulté.
- Les Restos du Cœur — Association d'aide alimentaire dont les Restos Bébés du Cœur accueillent les parents de jeunes enfants avec lait, couches et produits de puériculture.
- Apprentis d'Auteuil — Fondation catholique qui accompagne les jeunes et soutient les familles fragilisées dans leur rôle éducatif, notamment par des actions de parentalité.
Liste indicative et non exhaustive d’établissements réels, sans lien commercial avec le site. Vérifiez l’agrément, le TAEG et les conditions avant toute demande ; ne payez jamais de frais à l’avance.
